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Alors que les agriculteur-rice-s se mobilisent depuis des mois contre la politique sanitaire du gouvernement et l’accord UE-Mercosur, le Premier Ministre fait la sourde oreille et répond aux seules exigences de la FNSEA par une loi d’urgence agricole qui prévoit de mettre en place un moratoire sur toutes les discussions relatives à la politique de l’eau, risquant d’entraver l’adoption du plus grand Schéma d’Aménagement et de Gestion de l’Eau (SAGE) de France.

Localement, la Commission locale de l’eau (CLE) travaille à la révision du SAGE de la Vilaine, qui concerne plus d’un million d’habitant-e-s, et prévoit notamment l’interdiction des traitements herbicides pour le maïs sur les zones de captage. Les élu-e-s subissent des pressions importantes, et l’ingérence de l’État dans ce dossier est une atteinte sans précédent à la libre administration des collectivités.

Les décisions sur la préservation de l’eau doivent être prises dans le sens de l’intérêt général et non pour les intérêts privés. C’est ce que réclament les milliers de citoyen-ne-s qui se sont mobilisés, à l’appel de 60 organisations, le 10 janvier à Rennes.

L’Etat doit tout mettre en oeuvre pour assurer la tenue de la prochaine réunion de la CLE ce vendredi 16 janvier mais aussi garantir le respect des décisions qu’elle rendra. Largement débattu pendant trois ans, le projet de SAGE de la Vilaine doit être voté dans les plus brefs délais.

Cela interroge sur le modèle agricole que nous voulons aujourd’hui : il faut mettre fin à la compétition généralisée entre les agriculteur-rice-s, accélérer la transition vers une agriculture respectueuse du vivant et de notre santé, et rémunérer dignement ses agriculteur-rice-s.

Cette vision, loin d’être utopique, entreprise par de nombreux agriculteur-rices depuis des dizaines d’années, devrait être notre boussole pour réconcilier le monde agricole et non le diviser.

Communiqué de Mathilde Hignet, 15 janvier 2026